Mandarine Gestion retrouve des couleurs

France
Le 17/09/21 à 07h04

par

Laurence Marchal

La société de gestion fondée par Marc Renaud a renoué avec la collecte. Une embellie qui s'explique par la diversification de la gestion.

« Nous avons trouvé une nouvelle dynamique ! ». C’est ainsi que Marc Renaud, le fondateur et président de Mandarine Gestion, a lancé la conférence de presse de la société de gestion qui se tenait jeudi 16 septembre. Cette « dynamique » se traduit par une collecte nette de 250 millions d’euros depuis le début de l’année, « ce qui n’était pas arrivé depuis deux ans et demi », rappelle Marc Renaud.

Les encours s’inscrivent donc à 3,5 milliards d’euros, un niveau jamais atteint en clôture d’année, même si Mandarine Gestion a tutoyé les 4 milliards d’euros mi-2018.

Ce retour de la collecte s’explique par un regain d’intérêt pour les actions européennes, mais aussi par la diversification de la boutique. La prise en compte de critères ESG « depuis toujours » porte aussi ses fruits à l’heure où ces sujets deviennent incontournables.

« Nous ne sommes plus une boutique value »

Historiquement centrée sur une gestion plutôt actions européennes avec des biais value et croissance, Mandarine s’est récemment orientée vers une gestion mondiale et thématique. « Nous ne sommes plus une boutique value », assure Marc Renaud. Cela peut sembler un aveu choc pour ce spécialiste de cette gestion et actionnaire principal de Mandarine Gestion, et alors même que la gestion value avait retrouvé des couleurs ces derniers mois suite à la crise. Aujourd’hui, 25 % seulement des encours de Mandarine font l’objet d’une gestion value, contre 90 % des encours lors de la création de la société en 2008, précise le dirigeant, qui avait pourtant dès le départ voulu bâtir sa société sur d'autres styles de gestion.

« Nous avons été lents à nous tourner vers d’autres gestions, car nous avions peur de ne pas être légitimes », admet Marc Renaud. Aujourd’hui, le mouvement serait vraiment enclenché, et il semble être payant.

La gamme globale représente actuellement 400 millions d’euros. Ces stratégies ont l’avantage de séduire principalement des institutionnels (70 %), alors que cette clientèle ne représente que 40 % des encours totaux de la société. Elles attirent aussi à 60 % des clients étrangers.

Ce dernier point constitue une motivation supplémentaire pour se développer à l’international. Mandarine Gestion a des pistes d’expansion en Belgique. Marc Renaud aimerait aussi que Mandarine soit présente en Italie, son absence représentant « une lacune », selon lui. Mais il n’est pas évident de trouver le bon modèle, la bonne personne et d’arriver sur ce marché avec une offre 100 % actions. Actuellement, la part des encours de la boutique française gérés pour le compte de clients hors de France n’est que de 30 %.

« Trop prudents »

Si la société évolue, l’objectif de Marc Renaud reste de gérer entre 5 et 10 milliards d’euros, comme il l’avait annoncé lors de la création de sa société en 2008. « Nous n’y sommes pas encore arrivé, car le marché était compliqué pour l’univers des actions européennes et nous avons été trop prudents sur le développement », justifie le dirigeant. Mais il ne désespère pas.  

« Nous voulons arriver à 7 milliards, pas parce que cela fait chic, mais parce qu’entre 5 et 10 milliards, vous avez les moyens de votre développement, vous pouvez recruter en Belgique et en Italie sans être obligé de faire des choix », détaille-t-il. Il ajoute que la société est profitable et en bonne santé, ce qui est essentiel.

En regardant vers l’avenir, Marc Renaud annonce que Mandarine Gestion va continuer à renforcer sa gamme, avec un fonds 90/10 qui sortira dans les trois mois et peut-être d’autres fonds thématiques, même si la priorité est aujourd’hui de commercialiser le fonds sport nouvellement créé. Il espère aussi développer le pôle économie sociale et solidaire, qui lui tient à cœur.

Marc Renaud reste ouvert à des acquisitions et continue d’étudier des dossiers, même s’il pense que les fusions sont « compliquées ». L’idée serait d’acheter une expertise dont Mandarine est dépourvue. Il confie avoir regardé des dossiers dans les obligations convertibles, les taux, mais il ne semble pas prêt à s’ouvrir à ces gestions, qu’il qualifie d’« autre monde ».  

Enfin, anticipant la traditionnelle question de son départ à la retraite, Marc Renaud, âgé de 62 ans, a répété qu’il ne comptait pas « mourir sur les marchés », d’autant moins qu’il a promis à son épouse de s’arrêter. Un départ qui s’accompagnera d’une vente de ses parts. Mais cela ne se fera pas avant deux ou trois ans, assure-t-il. Il avait déjà ouvert une partie du capital à Arkéa en 2017.

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