«La digitalisation représente 15 à 20% des frais généraux des sociétés de gestion»

France
Le 24/10/22 à 17h24

par

Réjane Reibaud

En amont de la parution du livre blanc de l’Association française de la gestion financière (AFG) dédié aux innovations technologiques, Jean-Pierre Grimaud, membre du comité stratégique de l’AFG et directeur général du Groupe OFI, a évoqué pour L’Agefi les enjeux liés à la digitalisation des sociétés de gestion.
Jean-Pierre Grimaud, membre du comité stratégique de l’AFG et directeur général du Groupe OFI

«Le monde de la gestion d’actifs vit dans un environnement très concurrentiel avec de fortes pressions sur les frais de gestion et donc une contraction de nos marges, d’autant plus forte que les coûts de distribution restent très élevés et que les coûts d’achat de données sont exorbitants», a expliqué Jean-Pierre Grimaud, membre du comité stratégique de l’AFG et directeur général du Groupe OFI.

Dans ce contexte, la digitalisation des process mise en place par les sociétés de gestion s’avère nécessaire pour permettre à ces dernières de rester dans la course. Pour autant, cette transformation a un coût significatif pour les gérants. De l’ordre de «15 à 20% du budget total des frais généraux», a précisé Jean-Pierre Grimaud.

D’autres évolutions sont en train de transformer l’industrie de la gestion d’actifs. Ainsi, face à l’arrivée des crypto-actifs et de la tokenisation, le dirigeant a déclaré qu’elle représente une nouvelle opportunité pour les sociétés de gestion, permettant une connaissance plus fine de leurs passifs et du client final. «Jusqu’à présent, dans le mode de distribution qui est le nôtre, nous sommes toujours intermédiés par un distributeur (…) Grâce à ces technologies, notre connaissance sera vraisemblablement plus fine, avec peut-être un adressage direct d’une partie de cette clientèle que l’on ne peut pas faire aujourd’hui de manière aisée.»

Enfin, évoquant la digitalisation de la monnaie de banque centrale, Jean-Pierre Grimaud a souligné la position des sociétés de gestion, très favorables à cette évolution. «La digitalisation peut résoudre des problèmes liés à ces mouvements d’accès aux parts de fonds et d’échanges de titres en réduisant considérablement le nombre d’intermédiaires et le risque opérationnel associé aujourd’hui», a-t-il conclu.

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