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Les sélectionneurs de fonds prêts à payer plus cher de l’alpha plus rare

Monde
Le 29/04/19 à 07h35

par

Jean-Loup Thiébaut

Les sélectionneurs de fonds devraient investir davantage dans les gérants actifs, révèle une étude de Natixis Investment Managers publiée ce lundi 29 avril. La hausse de la volatilité et la présence d’incertitudes sur les marchés, couplées à une raréfaction des opportunités de génération d’alpha (3/4 des sondés) les motiveraient à payer davantage les sociétés de gestion actives pour sauver leurs rendements à long terme.

L’étude, qui a été menée auprès de 200 sélectionneurs de fonds professionnels (banque privée, assurance, multigérants, plateformes de distribution), révèle que ceux-ci anticipent désormais une rentabilité à long terme moyenne de leur portefeuille à 7,7% (-70 points de base par rapport à 2018). La gestion active devrait donc permettre, selon les multigérants et gatekeepers interrogés, de limiter la baisse des rendements due à la hausse des taux d'intérêt (78%), la volatilité accrue sur les marchés actions (83%), et des « pressions exercées sur le rendement par des facteurs tels que l'assouplissement quantitatif des banques centrales, les perturbations géopolitiques et les guerres commerciales » sur la rentabilité des portefeuilles. Plusieurs bulles financières, non-détectées par les investisseurs individuels, sont en cours de formation selon la vaste majorité des sélectionneurs, qui citent dans l’ordre décroissant de risque les cryptoactifs, la technologie, les obligations, et l’immobilier.

Parmi les stratégies actives du marché, seule la gestion alternative semble profiter de cette demande d’alpha à prix élevé. Les investisseurs interrogés ont en effet indiqué vouloir augmenter leur exposition aux fonds alternatifs de 1,2 point à 15,8%, et de réduire la part des fonds actions (43%, -1,2 point) et des fonds obligataires (31,7%, -0,2 point). La hausse de la part du cash (7,1%, +0,5 point) traduit également de la méfiance envers les marchés.

Au sein des fonds alternatifs, deux classes d’actifs sont plébiscitées par les sélectionneurs. La part de fonds d’infrastructures devrait progresser pour 19% des sondés, et refluer pour 11% d’entre eux. L’immobilier devrait lui progresser chez 22% d’entre eux et se réduire chez 15%. La part des sélectionneurs non-investis dans les sous classes d’actifs alternatives demeure cependant importante (41% en infrastructure, 40% dans le private equity, 44% dans les commodités…).

Au final, la gestion active devrait rester largement majoritaire dans les portefeuilles des sélectionneurs de fonds. Elle représente 72% de leur portefeuille actuel, et ne devrait perdre qu’un point d’ici trois ans. Deux-tiers des sélectionneurs estiment par ailleurs que la gestion active surperforme la gestion passive sur le long terme. Et, au sein de ceux investis dans des fonds passifs, la moitié a augmenté sa part de smart beta, qui représente un compromis entre gestion active et gestion passive.