Français france Created with Sketch.
Partager :
Christophe Boulanger - Richelieu Gestion

"C’est l’occasion d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire de Richelieu Gestion"

France
Le 15/04/19 à 08h11

par

Laurence Marchal

Christophe Boulanger, directeur général de Richelieu Gestion depuis juillet dernier, va écrire la nouvelle feuille de route de la société de gestion qui a changé d’actionnaire fin 2017. La banque libanaise SGBL a en effet racheté l’entité à KBL European Private Bankers, et pris le contrôle des banques privées Banque Richelieu France et Banque Richelieu Monaco, toutes regroupées au sein de Compagnie Financière Richelieu. Le dirigeant veut notamment élargir l'offre de gestion au-delà des actions européennes.
Christophe Boulanger
Christophe Boulanger - Richelieu Gestion
Directeur général

NewsManagers : Qu’est-ce qui vous a poussé personnellement à rejoindre le projet de Richelieu Gestion ?

Christophe Boulanger : C’est l’occasion d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire de cette belle maison. Richelieu Finance a été un acteur formidable de la gestion indépendante dans les années 1990-2000. Ensuite, il y a eu une phase moins visible… Aujourd’hui, nous avons l’opportunité de repartir de l’avant avec une marque, des actifs, une clientèle française et internationale et une société qui n’est pas uniquement au service de la banque. L’idée de construire un projet sur des bases existantes avec des ambitions. C’est un défi et c’est passionnant.

Comment le redéploiement de l'activité se traduit-il depuis le nouvel actionnariat ?

Il prend plusieurs formes et concerne l’organisation, la gestion et le développement.

Sur l’organisation, tout d'abord. Après mon arrivée, Laurence Adam nous a rejoint en novembre avec comme objectif de déployer une plate-forme technique et de services. Début janvier, Michel Dinet a pris la tête de l’équipe commerciale. Enfin, plus récemment, Alexandre Hezez a intégré l’équipe en tant que directeur de la gestion financière de Richelieu Gestion mais également stratégiste allocataire pour l’ensemble du groupe Compagnie Financière Richelieu. Richelieu Gestion est en effet le centre d’expertise en matière de stratégie de marché pour l’ensemble du groupe qui pour mémoire se compose de deux banques privées (France et Monaco) et d’une société de gestion (Richelieu Gestion).

D’autres personnes, dont des gérants, vont arriver dans les semaines à venir pour apporter leur expertise et contribuer à la cohésion du dispositif. Notre objectif commun est de constituer une équipe en associant des collaborateurs qui travaillent dans la société depuis plusieurs années et portent son histoire et de nouveaux intervenants qui apportent la richesse de leur parcours et leur vision du marché. A l’heure actuelle, Richelieu Gestion se compose de 14 personnes, dont un tiers de nouvelles. A terme, l’équipe devrait comprendre 20 personnes, dont une partie significative de nouveaux arrivants.

Comment allez-vous réorganiser la gestion ?

En matière de gestion, nous héritons d’un dispositif très centré sur les actions européennes, notamment les petites et moyennes valeurs. L’ancien propriétaire de Richelieu Gestion disposait de plusieurs centres de gestion et la France avait concentré son expertise sur cette classe d’actifs. Il y a donc des fonds de qualité sur les small et mid caps européennes, ce qui est positif. Mais en tant que société de gestion autonome, nous avons la volonté de répondre aux attentes des clients sur un spectre plus large. Nous sommes donc en train de réorganiser et repositionner la gamme existante, et de l’enrichir avec de nouvelles expertises.

Quelle est l’offre existante et comment va-t-elle évoluer ?

Nous avons actuellement huit fonds, dont cinq sur les actions françaises et européennes, un fonds obligataire et un fonds diversifié.

Notre idée est de repositionner la partie actions européennes pour lui donner plus de pertinence et d’impact auprès des clients en conservant nos points forts sur les petites capitalisations et sur les valeurs familiales. Des fonds vont être rapprochés et les positionnements de marché vont être clarifiés. L’idée est d’avoir une proposition de gestion qui soit identifiable. Le repositionnement sera achevé à la fin du deuxième trimestre.

Au-delà, nous souhaitons nous développer sur les actions hors Europe, c’est-à-dire sur les actions internationales et sur les thématiques transverses mondiales. En effet, la corrélation des marchés observée en 2018 confirme le besoin de disposer de produits ou d’expertises à la fois sur l’Europe et les Etats-Unis. De plus, nous avons une clientèle internationale au travers de notre société sœur Banque Richelieu Monaco qui n’a pas comme finalité absolue d’être uniquement investie sur la zone euro. Nous voulons donc nous doter d’une expertise dans les actions internationales, ce qui se matérialisera probablement par le recrutement d’un gérant, voire d’un binôme. Nous espérons conclure ce processus dans les proches mois à venir.

Quid des gestions obligataire et diversifiée ?

Concernant la partie obligataire, nous avons essentiellement une expertise sur les taux courts, de qualité certaine. Nous souhaitons proposer des produits à plus longue duration, notamment des fonds datés et des fonds opportunistes.

Quant à notre petit fonds diversifié, il va servir de base à la mise en place d’une expertise en allocation que nous voulons développer, et qui sera gérée par Alexandre Hezez.

Par ailleurs, pour les besoins des clients privés des deux banques et éventuellement ceux des clients externes, nous envisageons des partenariats sur des classes d’actifs que nous ne serions pas naturellement amenés à développer en interne à court terme. Je pense notamment à des produits sur l’immobilier… Cela pourra prendre plusieurs formes : des fonds délégués, des accords de distribution exclusifs ou très ciblés…

Qui sont aujourd’hui vos gérants ?

Citons Xavier Afresne, qui gère le fonds Richelieu Croissance PME depuis près de 30 ans, ce qui lui confère l’une des plus importantes longévités sur la place. Ensuite, il y a Clémence de Rothiacob qui travaille sur le fonds Richelieu Family Small Cap, et qui est présente dans la société depuis 15 ans. Enfin, Etienne Dubourg est un excellent gérant obligataire, notamment sur les taux courts.
 

Un gérant actions européennes ainsi qu’un sélectionneur et gérant multigestion vont nous rejoindre prochainement. Ce dernier va développer la proposition en matière de multigestion en tant que fonds de fonds, mais également en tant que référent pour l’utilisation de fonds externes par les différentes entités de gestion du groupe.

Quels sont vos encours et quelle est la répartition entre clients internes et externes ?

Nous gérons 460 millions d’euros au sein de la société de gestion. Si j’intègre la gestion déléguée par des tiers, nous sommes à environ 580 millions d’euros. Au 30 juin, nous aurons intégré la gestion sous mandat de la Banque Richelieu France au sein de la société de gestion. L’objectif est en effet de créer un pôle de gestion unifié en conservant les spécificités de chacune des gestions (collective et sous mandat). Nous serons alors autour de 950 millions d’euros d’encours.

Les encours actuels sont gérés à hauteur d’un tiers pour la clientèle interne et des deux tiers pour la clientèle externe.

Qui sont ces clients externes ?

Aujourd’hui et historiquement, ce sont des conseillers en gestion de patrimoine et des family office, ainsi que quelques sociétés de gestion. Les CGP constituent un axe important pour nous. La maison Richelieu Finance a connu un développement exceptionnel dans les années 1990-2000 auprès de ces clients. Cela ne veut pas dire que nous excluons la clientèle institutionnelle. Mais cette dernière a des spécificités et des contraintes qui font que nous allons monter en régime progressivement pour répondre à leurs besoins. Cela n’empêche pas à court terme une approche opportuniste sur cette clientèle, de façon très ciblée.

Quelles sont vos ambitions commerciales ?

Sur la partie commerciale pilotée par Michel Dinet, dont le service se compose de trois autres commerciaux venant de la Banque Richelieu France, nous avons deux axes de développement : porter le déploiement de la gestion collective et être force de proposition en matière de solutions d’investissements pour les clients externes. Cela passe par la gestion sous mandat, mais aussi par l’utilisation de l’écosystème Richelieu qui nous permet de proposer globalement et collectivement un service qui va au-delà de la pure gestion, en faisant monter en ligne les experts de la banque sur la tenue de compte, le crédit, les produits structurés, l’ingénierie patrimoniale….

Nous testons ce dispositif depuis quelques semaines, qui trouve un écho favorable auprès de nos clients et prospects. Nous allons aussi proposer de formater des produits dédiés pour les clients.

Quels sont vos objectifs ?

Pour la partie gestion collective, notre objectif est de tripler les actifs à trois ans, à 1,4 milliard d’euros. Bien sûr, nous aurons aussi des ambitions sur la gestion sous mandat, une fois qu’elle sera intégrée, car notre objectif est de faire de cette activité un vecteur de développement à l’externe.

Philippe de Fontaine Vive, le directeur général de Compagnie Financière Richelieu, évoquait des acquisitions… pourraient-elles concerner votre partie, la gestion d’actifs ?

Oui, pourquoi pas. Nous travaillons sur un développement organique. Mais nous savons bien que nous sommes dans un secteur en transformation qui peut créer des opportunités intéressantes. Nous sommes ouverts à ce type de développement.