Louis Albert, directeur général et gérant - IDAM

« C'est une grande réussite d’être là où nous sommes aujourd'hui »

France
Le 09/03/19 à 18h31

par

Adrien Paredes-Vanheule

Louis Albert, directeur général et gérant de portefeuille d’IDAM, tire le bilan du premier exercice complet de la boutique de gestion agréée en août 2017 par l'AMF et dévoile ses attentes pour les actions françaises de petite et moyenne capitalisation en 2019.
Louis Albert - IDAM
Directeur général

NewsManagers : IDAM a clôt son premier exercice complet en 2018. Quel bilan en tirez-vous ?

Louis Albert : C’est un premier exercice très correct malgré un environnement de marché compliqué. Au 31 décembre 2018, nos encours sous gestion se chiffraient à 145 millions d’euros, dont un tiers pour la gestion collective et deux tiers pour la gestion privée. C’est dur d’avoir commencé par l’année 2018 pour la boutique orientée actions de petite et moyenne capitalisation que nous sommes. Par conséquent, c’est une grande réussite d’être là où nous sommes aujourd'hui. Je gère la stratégie du fonds IDAM Small France avec Jérôme Chassin depuis début 2017. En 2017, il s’est produit un alignement des planètes pour les marchés boursiers qui a permis de belles performances là où 2018 a été porteur de vents très contraires à notre stratégie de gestion. Nous avons acheté les titres au bon prix mais avons souffert d’être trop investis en actions de très petite capitalisation. Notre capitalisation médiane en portefeuille était de 400 millions d’euros. On dit que small is beautiful mais il ne fallait pas voir petit en 2018. Néanmoins, nous demeurons convaincu que les sociétés dans lesquelles nous avons investies disposent de perspectives nous laissant penser qu’elles vont générer de la performance après une année 2018 sanglante.

Les valorisations des petites et moyennes capitalisations n’étaient-elles pas exagérées fin 2017 ?

Il ne s’agissait pas d’une bulle small caps dans la mesure où nous n’observions pas des multiples absurdes. Disons plutôt que les valorisations étaient exigeantes dans un contexte porteur qui l’a été moins quand il y a eu un "re-rating" vers le bas. Les actions de petites capitalisation ont souffert violemment.

Ne craignez-vous pas que le contexte macro-économique pèse toujours sur la classe d’actifs en 2019 ?

Il convient de séparer les zones géographiques car on ne peut pas les traiter de la même façon. Je ne vois pas de récession survenir à l’échelle internationale dans l’immédiat même si des éléments géopolitiques importants sont à considérer. La Banque centrale européenne demeure accommodante et n’a pas encore resserré la vis. La croissance dans la zone euro n’a pas encore accéléré. Il n’y a pas de raison pour que tout s’inverse d’un coup.

Votre fonds IDAM Small France a-t-il décollecté en 2018 ?

Nous gérons l’un des rares fonds actions small-mid cap françaises dont la collecte nette a été positive l’an dernier, exception faite du mois d’octobre. Nous avons eu la satisfaction de voir qu’aucun de nos clients n’est sorti. Ils ont compris notre stratégie de gestion, ils nous font confiance. Nous offrons de par notre adossement à l’agence de recherche IDMidCaps quelque chose que les investisseurs ne trouvent pas ailleurs. C’est un travail d’équipe qui reproduit ce que nous avions construit avant en d’autres lieux. Cependant, nous restons indépendants dans nos décisions d’investissement. Avec IDMidCaps, dont nous utilisons la recherche, on compare nos idées, on en débat.

L’ensemble des titres a beaucoup baissé en 2018 mais cette baisse a été plus ou moins exagérée selon les entreprises et la réalité de leur performance économique.

 

Est-ce difficile de trouver des idées d’investissement sur le segment en 2019 ?

La difficulté ne réside pas tant dans la recherche d’idées que dans le fait de savoir si toutes les mauvaises nouvelles ont été anticipées dans le cours des titres concernés. Elles ne le sont pas toutes dans les publications des titres.

Qu’attendez-vous du segment small-mid cap françaises en 2019 ?

Le marché des small caps est le plus important en Europe avec le marché allemand, l’univers y est très large. Nous constatons des écarts importants entre les différentes valorisations des PME/ETI françaises. L’ensemble des titres a beaucoup baissé en 2018 mais cette baisse a été plus ou moins exagérée selon les entreprises et la réalité de leur performance économique. La sélection de valeurs sera plus importante que jamais dans un marché qui devrait être positif en 2019 mais qui pourrait présenter beaucoup de volatilité.

Quelles vont être les prochaines étapes pour les fonds d’IDAM ?

Le fonds IDAM Small France fera l’objet d’une procédure de soft-close dès lors que ses encours atteindront 150 millions d’euros afin de privilégier l’ADN small caps du produit. Nous avons dupliqué cette expertise sur le segment actions de la zone euro avec le véhicule IDAM Small Euro lancé en décembre 2017. Ce fonds dispose d’un biais France important – environ un tiers du fonds –, qui reflète le poids du marché dans la zone euro, et la part de sociétés de la zone euro hors France peut monter jusqu’à 60-65%. Ce fonds a une capacité plus importante que IDAM Small France et s’adresse d’abord aux institutionnels et aux distributeurs type multigérants, banquiers privés, etc. Cependant, nous n’avons pas encore fait beaucoup de marketing autour de ce fonds. Nous avons aussi lancé le fonds Armonia qui permet aux investisseurs de s’exposer à la surperformance des small caps.

Faites-vous de l'ESG ?

Nous avons une approche globale et sommes signataires des PRI depuis mai 2017. Nous mettons en place une analyse extra financière que nous intégrons à l’analyse que nous faisons des sociétés. Le problème, c’est que les sociétés listées du segment small-mid cap France ne sont pas encore habituées à fournir une information complète permettant une analyse extra-financière exhaustive. Ce qui est important, c’est que la démarche soit enclenchée sur la question de l’ESG.

La consolidation du secteur de la gestion d’actifs se poursuit. IDAM a-t-elle fait l’objet d’une proposition de fusion-acquisition ou a-t-elle l’intention d’être acteur du mouvement?

Nous sommes ouverts à tout et fermés à rien mais l’histoire d’IDAM commence à peine, il nous reste beaucoup de choses à faire en interne. L’édifice est encore en construction.

Quid de la gestion privée, secteur très compétitif en France ?

La gestion privée en France a quelque chose de « très poussiéreux ». D’un côté, nous avons les banques privées traditionnelles et de l’autre, les start-up novatrices dont l’offre n’est pas forcément adaptée à ce que recherche la clientèle fortunée. Notre proposition se place à mi-chemin entre ces deux mondes : elle contient beaucoup de services qui se basent sur le modèle de ces start-up mais avec un échange humain omniprésent et une facturation totalement transparente. D’autant qu’il y a un réel besoin pour les investisseurs d’être investis en totale architecture ouverte. Nos fonds maison font partie des possibilités d’allocation de nos gérants privés mais celle-ci n’a pas vocation à être le premier souscripteur de nos fonds.

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