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Ludovic Djebali - SPDR ETF France

"SPDR est à la recherche de partenariats de distribution ciblés en Europe"

Europe
Le 05/05/19 à 20h18

par

Réjane Reibaud

Ludovic Djebali, directeur SPDR ETF France, détaille la stratégie de développement en Europe de la filiale de State Street Global Advisor et revient sur la mise en place aux Etats-Unis d'une nouvelle réglementation permettant à certains ETF de ne pas publier leurs positions quotidiennement.
Ludovic Djebali - SPDR (groupe State Street Global Advisor)
Directeur

Quelle est la stratégie de SPDR en Europe ?

SPDR a une vraie ambition pour l’Europe. Le groupe a connu une accélération dans la région de plus de 50% en 5 ans. L’an dernier, SPDR a été le troisième collecteur d’ETF en Europe avec 6 milliards de dollars. Notre collecte était en progression de 20% alors même que la croissance du marché européen a reculé de 50% (la collecte est passée de 94 milliards en 2017 à 54 milliards en 2018 en Europe, ndlr). A fin mars 2019, nous comptions déjà 2,2 milliards de dollars de flux entrants nets. SPDR est installé depuis l’an 2000 en Europe mais nous voyons une accélération de l’adoption de notre marque depuis plusieurs années. Nous avons encore de la marge pour grandir, notre part de marché sur les encours étant de 4% mais notre part de marché sur les flux était à 10% l’an dernier.

Au niveau mondial, SPDR est le troisième fournisseur d’ETF et gère 680 milliards de dollars en fonds indiciels cotés, sur un total de 2.800 milliards gérés par State Street Global Advisors.

Le marché attire beaucoup de nouveaux entrants. N’avez-vous pas peur de la concurrence ?

Le marché est arrivé à maturité sur les ETF classiques et il parait difficile d’entrer sur celui-ci avec des simples ETF EuroStoxx 50 ou STOXX600. Les investisseurs sont passés à une étape supérieure où ils demandent de l’innovation, des ETF ESG ou du smart beta. On voit bien que les nouveaux entrants viennent avec des offres différentes de ce que l’on pouvait proposer il y a 10 ans. MIFID 2 est un élément très structurant pour le marché, on y croit beaucoup. Le fait de ne plus permettre aux intermédiaires de se rémunérer sur les produits mais seulement sur le conseil auprès de leurs clients, va être un catalyseur pour le marché des ETF. MIFID 2 agit comme un tremplin pour la gestion passive et la recherche de solutions peu chères, transparentes et liquides. Ce phénomène était déjà apparu aux Etats-Unis où les particuliers représentent désormas près de 50% de la collecte alors qu’en Europe c’est encore à peine 10%.

Quels sont les relais de croissance pour SPDR ?

Nous nous attendons à ce que ce marché explose comme aux Etats-Unis grâce notamment à un contexte réglementaire favorable (MIFID 2 en fait partie) mais également à l’adoption plus large et encore plus marquée des ETF. Il n’y a qu’à voir aussi les compagnies d’assurance qui ouvrent leurs offres aux ETF alors même que l’assurance-vie n’est pas concernée par MIDFID 2. Et SPDR compte bien faire partie des leaders sur ce marché. Notre stratégie est de nous développer de façon organique grâce à notre innovation et le renforcement de nos équipes, mais SPDR est aussi à la recherche de partenariats de distribution ciblés en Europe. Contrairement aux autres acteurs historiques européens, nous ne sommes pas favorisés par la présence d’un réseau captif (banque privée, réseau bancaire ou compagnie d’assurance). Nos clients ne sont pas captifs et nous font confiance pour la qualité de nos services et produits proposés.

On a l’impression que SPDR fait un peu moins d’annonces que certains autres grands acteurs dans la guerre des prix sur les ETF. Quelle est votre politique en la matière ?

Disons que nous monitorons notre offre. Nous veillons à ce que le coût total de détention d’un ETF, c’est-à-dire les frais de gestion mais aussi la qualité de la réplication les spreads d’exécution, etc, soit le plus optimal possible pour l’investisseur. Nous voulons que l’expérience de nos clients soit la plus positive possible. Les ratios TER (Total Expense Ratios) sont importants, mais pris seuls ils ne donnent pas limage globale de la qualité d'un ETF. Les investisseurs sont de plus en plus avertis par rapport au coût total de possession d'un ETF et n'apprécient pas les produits présentant un coût initial faible, mais un coût total de possession élevé. Par exemple, si un investisseur trouve que les écarts de spreads sont trop larges pour sortir d’une position sans perdre toutes les économies initiales d’un TER bas, cela sape la confiance.

Que pensez- vous de la décision de la SEC d’autoriser la cotation d’ETF non transparents ?

Cela devrait permettre de voir apparaître une offre plus large d'ETF et notamment d’ETF gérés activement. On s'aperçoit qu'un grand nombre de gestionnaires est aujourd’hui réticent à diffuser ses positions quotidiennement afin de protéger sa valeur ajoutée vis--à-vis de la concurrence. Toute initiative permettant à l’investisseur final d’avoir un plus grand choix et d'accéder à un véhicule d’investissement présentant des caractéristiques telles que la liquidité et la transparence quotidienne des composants du portefeuille, par rapport aux fonds traditionnels est très positif. 

Vous attendez-vous à une décision similaire de la banque centrale d’Irlande ?

Nous ne pouvons élaborer sur les décisions qui seront prises en Europe mais il est intéressant de noter que le marché des ETF est né aux Etats Unis, une dizaine d’années avant l’Europe. Même si l’adoption des ETF en Europe croit à un rythme exponentiel, le marché reste moins mature que de l’autre côté de l’Atlantique.

Comment cela peut-il impacter le marché des ETF ?

Nous pouvons prendre l’exemple de SPDR aux Etats Unis.  En tant que 3eme fournisseur d’ETF au niveau mondial, nous avons noué des partenariats avec des gestionnaires d’actifs de premier plan comme GSO Blackstone.

Etre non-transparent, n’est-ce pas antinomique pour un ETF ?

Un ETF est un véhicule qui permet d’accéder à des fonctionnalités supérieures à un fonds traditionnel (indiciel ou actif). La liquidité quotidienne est un de ces éléments puisqu’un ETF peut se traiter comme un fonds mais également comme une action ou une obligation. La transparence du portefeuille est un élément important mais n’est pas le seul signe distinctif qui fait de l’ETF un outil performant et efficient pour l’investisseur professionnel ou particulier. Bien entendu, si les sociétés de gestion souhaitent proposer une offre d’ETFs gérés activement dans les prochaines années, il parait essentiel de s’adosser à un acteur de premier plan disposant d’une expertise dans ce domaine

 

 
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